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Les salafistes en Tunisie (1)

Qui sont-ils? Que veulent-ils? Les salafistes en Tunisie ils ne seraient que 2000 personnes, mais semblent vouloir imposer leur vision d'un islam radicale.

lunedì 23 gennaio 2012 21:37

Hanène Zbiss
Ils occupent aujourd'hui les devants de la scène, ils sont redoutés, haïs, et pourtant ils ne seraient que 2000 personnes. Les salafistes en Tunisie semblent vouloir imposer leur vision radicale à la société sans même attendre d'être légalisés, ils foncent, animés «d'une mission sacrée». Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Et avons-nous raison de les redouter ?
Longtemps persécutés par Ben Ali et traînés dans de nombreux procès, au nom de la lutte contre leterrorisme, les salafistes, une minorité que l'on peut presque assimiler à une sec- te, ont connu une renaissance grâce à la Révolution. Le vent de liberté qui a soufflé sur le pays ne les a pas épargnés. Aussitôt, ils ont refait surface, en bénéficiant de la loi sur l'amnistie générale qui a permis de libérer plusieurs membres du réseau et de le reconstituer. D'ailleurs, ils n'ont pas tardé à se restructurer en organisant, dès le mois de mai 2011, un congrès tenu à la Soukra ayant réuni environ un millier de personnes pour annoncer le retour officiel du mouvement, baptisé «Ansar Achariâ» (les adeptes de la chariâa).
Multiplication des démonstrations de force
Mais, ils n'ont pas attendu la tenue du congrès afin d'entamer une série d'actions pour marquer leur réapparition sur la scène publique : manifestations pour fermer les bars et les maisons closes, prières spectaculaires dans les rues, agressions des institutions pédagogiques et des hôpitaux pour imposer la ségrégation entre les sexes.Parallèlement, ils ont engagé une vaste opération pour la destitution des imams en place et leur remplacement par d'autres d'obédience salafiste, ce qui leur a permis de mettre la main sur environ 200 mosquées sur tout le territoire.
Leur première action spectaculaire reste l'attaque du Cinémafricart pour protester contre la projection du film de Nadia El Fani, «Ni Allah, ni maître». La violence avec laquelle ils ont endommagé les lieux, frappé le propriétaire de la salle et terrorisé les spectateurs et l'indifférence des autorités face à ces actes, voir l'impunité dont ils ont pu bénéficier, n'ont fait que les renforcer. Désormais, ils se savaient influents et redoutés. Ils ont alors multiplié les démonstrations de for-ce. L'affaire Nessma TV a définitivement donné la preuve de leur puissance redoutable puisque, Nabil Karoui, le patron de la chaîne, qui a vu sa maison saccagée et brûlée et malgré ses excuses publiques à la télé nationale, a fini par comparaître devant le juge pour «atteinte aux valeurs sacrées».
Et voilà qu'aujourd'hui, ils accaparent de nouveau la scène en prenant en otage l'université de la Manouba après avoir attaqué auparavant d'autres établissements universitaires.
Face à cette avancée des salafistes, on s'interroge de plus en plus sur l'identité de ces gens, leurs manières d'agir et leurs objectifs. Il est vrai que malgré la multiplication des confrontations avec eux, on sait peu sur ce mouvement, ses rouages, son historique et sa cuisine interne. Pour cause, il a un fonctionne- ment sectaire, en étant très fermé vis-à- vis de l'extérieur. Ses adeptes parlent peu avec les médias et ne désirent pas com- muniquer. Nous avons eu beaucoup de mal à contacter des responsables de ce réseau. Les seuls avec lesquels nous avons pu prendre contact ce sont des éléments de la base, essentiellement des étudiants.
Qu'est ce que le salafisme ?
Le salafisme, comme tous les mouvements islamistes, nous vient d'Orient. Il n'a pas de racines locales ni dans le vécu de la société tunisienne, ni dans son histoire ni dans sa religiosité. C'est un mouvement qui s'inscrit dans la filiation du hanbalisme, l'une des quatre écoles de jurisprudence en Islam mais aussi du wahhabisme, né au XVIIIème siècle dans la Péninsule arabique.
L'appellation «salafisme» vient du mot «salaf salah» c'est- à-dire les ancêtres pieux, essentiellement le Prophète Mohamed et les trois premières générations de l'Islam, hautement considérées pour leur comportement exemplaire, leur foi inébranlable et leurs conquêtes militaires ayant permis la création d'un empire musulman. On leur voue une admiration sans égal puisqu'ils étaient au contact direct avec l'Envoyé de Dieu et pratiquaient les préceptes de l'islam des origines avant qu'il ne soit entaché et défiguré par les innovations et les interprétations postérieures. Pour les salafistes, il s'agit de suivre à la lettre le Coran et «la Sunna» (Les paroles et les faits du prophète), tous les autres textes n'ont aucune valeur. «En s'interdisant une lecture interprétative du corpus islamique, ils (les salafistes) tentent de s'inscrire au plus près de l'Islam tel qu'il a été professé par le Prophète. «Parce que le Coran ne peut être expliqué par la raison humaine, il est nécessaire de se référer au Prophète et aux pratiques des pieux ancêtres pour comprendre le sens de la volonté d'Allah», explique le sociologue Samir Amghar dans son livre «Salafisme d'aujourd'hui, mouvements sectaires en Occident».
Cette mouvance est divisée en deux grands courants: le salafisme quiétiste et le salafisme jihadiste. Si les deux défendent l'idée d'un retour à un islam purifié des sources et l'application rigoriste des préceptes du Coran et de «la Sunna», ils se différencient au niveau de la manière d'agir sur la société. Le premier prône le changement des mentalités à travers un processus de formation religieuse et de prêches, sans appeler à la révolte contre le souverain, même si c'est un impie, de peur de la «fitna» (la division). Le deuxième est, par contre, plus réactionnaire puisqu'il légitime les actes forts et violents et les opérations jiha- distes. De ce dernier courant, découle le mouvement Al Qaida. En Tunisie, nous avons les deux factions. (première partie)
publié sur Réalités le 15 décembre 2011